De pont, de route et de tunnel

La route, certains la prenne contre leur gré. D’autres l’emprunte pour ne  jamais la rendre. D’autres encore, la quitte en guise de sortie.

On n’en est jamais aussi sûr que lorsqu’on s’en est trompé, et le plus souvent, au bout du bout, se trouve ce que l’on avait pas  vraiment cherché avant : soi.

Pas le soi de l’égo, mais plutôt celui qui a rétréci après s’être fait  rincé, parfois essoré. Celui de la personnalité que l’on s’est faite taillée sur mesure par d’opportuns éléments que l’on fait défiler devant soi pour oublier ceux qu’on laisse.

La route ce n’est pas qu’un point de fuite, ça peut aussi être la traversée d’un tunnel qui, lui, a l’immense vertu d’avoir un bout.

La route c’est souvent une boucle si on considère que partir c’est surtout se donner une occasion de revenir.

Et si on en trouve pas c’est, peut-être, qu’on est jamais parti finalement.

Alors on construit des ponts pour enjamber ce qui n’avait pas été réuni jusque là. 

A la fin, on trace des routes comme une écriture de soi. Le reste ne serait que du papier dont on fait les cartes. Des plans de vie pour certains, tracés sur cet horizon que d’autres poursuivent précisément parce qu’ils ne sauraient l’atteindre.

 

Bientôt la fin de la route, celle qui mène au Cap Nord en l’occurrence. A défaut d’être unique, un des bouts de notre monde. Un lieu à la beauté désolée de nous avoir attiré là.
Finnmark, Norvège, août 2016
On a tous des apparitions, on les reconnait précisément à ce que l’on ne pensait pas les voir.
Piémont, Italie, juin 2014  
Voyager dans le temps c’est avant tout un état d’esprit. Que dirait-on si le futur était de retour ?
Parc naturel du Gantrisch, Suisse, mai 2014
Ne pas trop fréquenter la ligne droite, c’est le plus sûr de moyen de motiver sa destination.
Col du Stelvio, Italie, juillet 2018
Qui a dit que la lumière la plus troublante venait de l’obscurité la plus féconde ?
Trentin Haut-Adige, Italie, août 2014
Voralberg / Autriche / juillet 2014
La route de montagne rend voyeur d’horizons : comment résister à celui qui se dévoile toujours à son rythme ?
Voralberg, Autriche, juillet 2014
La fausse route est source de déception, mais quel charme accorder à une route par trop directe ?
Valais, Suisse, juin 2014.  
L’autre avantage d’une route de montagne c’est que le choix du sommet finit toujours par s’imposer.
Col de Grimsel, Suisse, juin 2018
Il y a toujours à un envers à la route que l’on emprunte : celle que l’on aurait pu prendre. Berne, Suisse, juin 2018.